Rien de nouveau dans le domaine de l’exploitation de l’ignorance humaine et de sa capacité à croire n’importe quoi.
Les journaux continuent à affirmer que si, par exemple, 10% des automobilistes impliqués dans des accidents sont en état d’imprégnation alcoolique, ça veut dire que 10% des accidents sont dus à l’alcool ! Alors qu’on devrait relativiser cette ‘’statistique’’.
D’une part, il faudrait analyser soigneusement les causes des sinistres. Si un responsable est identifié, la faute commise est-elle due à son alcoolémie ? S’il avait été à jeun, aurait-il pu l’éviter ? D’autre part, quelle est la proportion des automobilistes, non responsables d’accidents, qui circulaient le même jour, à la même heure, dans la même région,
avec un taux d’alcoolémie supérieur à la norme tolérée ?
Ce serait trop demander aux responsables politiques et irait à contre courant des campagnes contre l’alcool au volant.
Celles-ci seraient pourtant valorisées par une analyse objective des faits. Au lieu de quoi, si deux automobilistes ou plus sont impliqués dans un accident, il n’est pas nécessaire de chercher un responsable autrement que par un contrôle sanguin.
Si l’un d’eux a bu un verre de trop, c’est forcément lui le coupable !
Cette méthode est révélatrice des mœurs politiques. Elle n’est, malheureusement, pas limitée à l’accidentologie.
Dans tous les domaines de l’activité humaine, la manipulation des statistiques est un principe de gouvernement. C’est très dangereux. Quant un nombre important d’individus se sera rendu compte qu’on le berne, même les campagnes qui se justifient, comme la lutte contre l’alcool au volant, ne seront plus crédibles et se retourneront contre leurs initiateurs.
Il faudrait, pour changer la donne, que les politiciens cessent de prendre les électeurs pour des imbéciles.
Ce n’est pas gagné…
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