Vous vous rappelez Otto ?
Il nous avait raconté sa guerre d’Algérie et donné son opinion sur quelques conflits plus actuels.
Je continue à le voir, je lui ai demandé ce qu’il pense des conditions de travail, lui qui se trouve dégagé de toute obligation professionnelle.
Voici la transcription de notre entretien
- Pour vous, c’est quoi le travail ?
- J’ai une définition simpliste : C’est la contribution de tout individu valide au bien-être de la communauté.
- Mais c’est quoi la communauté ?
- L’ensemble des individus qui composent notre Société.
- Elle comprend donc les travailleurs ?
- Au premier chef. Ce sont les plus nombreux.
- Ils doivent donc tirer un profit de leur travail ?
- Et surtout celui-ci ne doit pas les pénaliser.
- Ce n’est pas tous les jours très drôle d’aller au boulot !
- Ca dépend. Ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir exercer leur vocation doivent pouvoir travailler dans des conditions acceptables. Ils font partie de cette communauté qu’ils doivent servir
mais la communauté doit aussi les faire bénéficier des avancées économiques dont ils sont les artisans.
- Ce n’est pas toujours le cas !
- Non, de moins en moins et, surtout, les conditions de travail se détériorent. Les travailleurs ne sont plus considérés comme des membres de la communauté mais comme des espèces d’esclaves au
service de ceux qui détiennent le fric.. Ils doivent réaliser des performances afin de garantir la rentabilité des investissements. Ils y parviennent d’autant moins qu’ils ne sont pas préparés à
ces nouvelles missions.
- Le but n’est-il pas de les décourager pour réduire les effectifs ?
- Si, sauter dans le vide depuis le toit de leur Entreprise est une solution appréciée par leurs patrons.
- On n’a jamais vu ça !
- Si, mais vous n’étiez pas né. Les livres d’Histoire vous renseigneront sur ce genre de pratique.
- De quoi s’agit-il ?
- Dans les années quarante, les déportés du travail n’étaient pas davantage considérés. Leur labeur ne leur profitait pas non plus. Seule sa destination était différente. Il ne s’agissait pas
d’enrichir les nantis mais de permettre à l’Allemagne nazie de disposer des armes nécessaires à son expansion puis à sa défense. Ceux qui les fabriquaient sous la contrainte pouvaient en mourir
et beaucoup en sont morts, peu importait à leurs maîtres.
- C’est horrible !
- Malheureusement c’est humain
CONCLUSION : Je l’emprunte au regretté Henri Salvador :‘’Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver’’