LA GUERRE ( Conclusion )
- Les méthodes de renseignement, les tortures, n’ont pas empêché la France de perdre la guerre !
- Pas du tout, après huit ans de combat la guerre était gagnée ! Les organisations du F.L.N. étaient démantelées, ses pertes étaient considérables, en grande partie grâce au renseignement.
- Alors pourquoi abandonner la partie ?
- Le divorce entre les deux communautés était consommé. Il n’était plus question de concessions. La totalité des Algériens s’était ralliée aux indépendantistes.
- Sauf les harkis !
- Aux yeux de leurs compatriotes, les harkis s’étaient trop compromis avec l’armée française. Pour eux, il était trop tard pour changer de camp. Ils l’ont payé de leur vie pour la plupart.
De Gaulle n’avait pas le choix, affronter la réprobation internationale en chassant dix millions d’Algériens de leur pays était impensable, il ne lui restait plus qu’à « rapatrier » un
million de Pieds-noirs.
- Finalement, même sans l’O.A.S., les Pieds-noirs auraient fui l’Algérie ?
- Sûrement, la seule différence c’est qu’ils auraient pu négocier au moins une partie de leurs biens au lieu de les abandonner et d’embarquer avec la seule valise que leur recommandait l’O.A.S.
- Pourtant ils avaient vécu en plus ou moins bonne intelligence avec les Algériens pendant cent trente ans !
- La guerre avait changé la donne, elle ne s’était pas contentée d’opposer l’armée française aux rebelles, les civils avaient été fortement impliqués.
- Par les méthodes de « renseignement » ?
- Et aussi par les exactions de l’armée française. Depuis peu, la télévision nous montre des images, tournées à l’époque, d’exécutions sommaires de civils qui, à priori, n’avaient rien à se
reprocher. Il y a eu aussi les attentats de l’O.A.S.
- Qui répondaient à ceux du F.L.N. !
- La violence engendre la violence, c’est bien connu. Au bout du compte, on ne sait plus quels sont les actes qui ont déclenché le processus ni quels en sont les responsables. Nous en avons une
illustration actuelle dans les relations entre Palestiniens et Israéliens depuis plus de cinquante ans.
- Grâce à l’armée, la cohabitation était devenue impossible !
- L’armée obéissait aux ordres. Quels étaient les responsables ? On en connaît un, le Général Aussaresses, il y en a d’autres.
- Au lieu de l’abandonner, on aurait pu partager l’Algérie : les grandes villes aux Pieds-noirs,
- A l’époque, on y a pensé mais on a vite renoncé à cette idée car irréaliste pour plusieurs raisons.
- L’opposition des Algériens ?
- Il aurait fallu maintenir une force militaire importante afin de les dissuader d’entreprendre la reconquête de leurs grandes villes.
C’était aussi un non-sens économique. Les Pieds-noirs auraient dû vivre sous perfusion de la métropole pour un coût astronomique.
Enfin, politiquement, l’O.A.S. aurait pris le contrôle de ces petits restes de l’Algérie française avec le risque de les voir faire tache d’huile sur la métropole.